« Cycle de l’Évolution quantique, tome2: Le Jardin quantique » de Derek Künsken

XXVIe siècle… Grâce aux vortex d’une civilisation disparue, les Précurseurs, l’humanité a essaimé dans la galaxie. Ce réseau de vortex, l’Axis Mundi, est contrôlé par des puissances plus ou moins majeures en fonction du nombre de trous de ver détenus.

Des sous-espèces humaines sont nées par bio-ingénierie : l’Homo eridanus capable de vivre sous l’eau à de très hautes pressions, le religieux Homo pupa ou Fantoche et l’Homo quantus, véritable calculateur humain, spécialiste du mode savant et de la fugue quantique (état prédictif dans lequel s’éclipse la conscience).

L’homo quantus Belisarius Arjona (Bel) est un escroc de haut vol. Et son dernier exploit n’a pas plu à tout le monde. Au point que la Congrégation vénusienne décide pour se venger de détruire l’astéroïde servant de base aux homo quantus, la Mansarde. Bel tentera tout pour la survie des siens, quitte à renouer avec l’Union, la victime de sa magistrale arnaque, et à voyager dans le temps, 40ans plus tôt.

Il retrouve alors la colonelle Ayen Iekanjika. Sauf que le passé n’est pas ce qu’il devrait être et que toute modification risque bien d’entraîner sa propre disparition… Mais Bel s’y risque avec l’espoir de dénicher un refuge viable pour ses compatriotes. Une écriture fine et nerveuse au diapason d’un roman de hard SF très touffu aux tonalités poétiques, axé politique et espionnage intergalactiques via des tropes SF (paradoxe du chat de Schrödinger, dimensions quantiques…).

Tout l’art consommé de l’auteur est d’initier son lectorat aux concepts vertigineux qu’il aborde avec la vivacité d’une plume déliée, aux inserts d’humour bienvenus, nous entraînant dans d’imprévisibles aventures. Le personnage de Vincent Stills, notamment, nous vaut de belles pépites rabelaisiennes d’une verdeur fort rafraîchissante. On a là un brassage de notions passionnantes, dont le voyage dans le temps, avec ses éblouissements et paradoxes, n’est pas le moindre : un univers quantique aux modélisations à 22 dimensions, l’antimatière, le rayonnement de Tcherenkov, des trous de ver à intrication quantique aux amas de quasars, les IA, le trans/post humanisme, le Grand Mur d’Hercule Couronne boréale s’étirant sur 20milliards d’années-lumière, la rétro-ingénierie, l’intelligence végétale, les boucles de causalité, les modes de propulsion…

De quoi donner le vertige! Jouant avec ces concepts scientifiques, Künsken aborde la structure même de la réalité (d’où un roman exceptionnel d’un abord assez difficile, mais d’une magnifique efficacité) et évoque une forme de vie d’une étonnante singularité : les Hortus quantus (d’où le titre Jardin quantique), démontrant toute l’importance de la communication. Espèce qui intègre les données sur une simultanéité de 22ans et capte son environnement via l’abstraction des fréquences génétiques, sous un enchevêtrement en couches fractales de réseaux de probabilités. Or, à leur insu, les humains programment son génocide…

Le cœur d’intrigue ? Les étourdissantes conséquences du voyage rétro temporel. Car les actions menées dans le passé ne devraient pas compromettre l’axe temporel du présent. Il s’agit bien d’un paradoxe du grand père à plusieurs niveaux. Les derniers 40 ans se transformeraient-ils en ruban de Möbius à causalité instable ?

La survie d’une sous-espèce de l’humanité touche ici à l’existentiel, avec son lot de cruels dilemmes. Les héros sont soumis à rude épreuve : Bel, génie si fragile et émouvant, rêve d’une impossible rédemption ; de par sa nature même, il peine à communiquer. Quant à la colonelle Ayen Iekanjika, confrontée à de dures réalités, tous ses repères volent en éclats. Elle préservera la ligne temporelle, mais à quel prix… Je tiens enfin à souligner la traduction magnifique de Gilles Goullet rendant justice à un grand texte qui, espérons-le, fera date.

Chronique de Michèle ‘1773’ Zachayus

 

Nous en pensons

Notre avis

4,2

XXVIe siècle… Grâce aux vortex d'une civilisation disparue, les Précurseurs, l'humanité a essaimé dans la galaxie. Des sous-espèces humaines sont nées par bio-ingénierie. L'homo quantus Belisarius Arjona (Bel) est un escroc de haut vol. Bel tentera tout pour la survie des siens, quitte à renouer avec l’Union, la victime de sa magistrale arnaque, et à voyager dans le temps, 40ans plus tôt. Le cœur d'intrigue ? Les étourdissantes conséquences du voyage rétro temporel. Grand texte qui, espérons-le, fera date.

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A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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