Les éditions Mnémos vont publier jusqu’en mars 2023 l’intégrale de l’œuvre littéraire d’Howard Phillips Lovecraft dans une nouvelle traduction de David Camus, également coéditeur de cette collection.
Celle-ci comprendra tous ses récits, mais aussi ses poésies, essais, correspondances et révisions, le tout en sept volumes. L’édition est luxueuse : volume cartonné, carte en couleurs à l’intérieur et présentation des textes. Une introduction générale agrémentée d’une préface du traducteur explique la raison d’être du projet, son cheminement et les difficultés rencontrées.
Le volume est riche de dix-neuf nouvelles de longueurs différentes allant de quatre pages à une centaine, mais toujours dans les mêmes lieux de l’univers onirique créé par l’auteur. Certains personnages sont d’ailleurs en correspondance ou se retrouvent dans plusieurs textes. Beaucoup de ces nouvelles se déroulent à l’intérieur du rêve où tout est possible sans que l’auteur ait à apporter la moindre explication logique, ce qui lui permet de décrire des choses qui seraient moins crédibles dans un état d’éveil.
Malgré une prose moins horrifique qu’habituellement, les récits sont tout de même inquiétants car les protagonistes, à l’aide de drogues ou autres moyens de s’endormir, visitent ou recherchent des villes étranges et terriblement anciennes construites par des êtres hors du commun ou terrifiants. Quelquefois elles sont désertes, comme dans La Malédiction qui s’abattit sur Sarnath, mais aussi parfois victimes de malédictions ou du péché de leurs habitants, car les dieux sont assez cruels chez Lovecraft.
Souvent le rêve s’achève dans la folie comme dans Hypnos ou avec la mort du protagoniste comme dans La Quête d’Iranon, Celephaïs. Lovecraft excelle dans les descriptions de villes merveilleuses aux flèches d’or décorant les monuments, aux constructions faites d’onyx ou de marbre, mais malgré cela, toujours inquiétantes. Les quatre derniers récits, qui forment une suite, relatent la quête de Randolph Carter, à la recherche de Kadath l’inconnue, ville entr’aperçue lors de l’un de ses rêves et qu’il veut à tout prix retrouver.
C’est un voyage également à travers diverses contrées et mers, l’occasion de rencontrer des créatures terrifiantes (nécrophages, crapoïdes) et d’autres plutôt sympathiques (les chats d’Ulthar) ou des dieux un peu hargneux et fort peu avenants. Randolph Carter voyage à travers l’espace, le temps et différents territoires, une incroyable épopée mais à laquelle on finit par croire tant le récit est passionnant.
Ce tome 1, Les Contrées du rêve, m’a fait connaître un Lovecraft plus poétique et moins horrifique que celui que je connaissais. Le soin apporté à la présentation du volume, indépendamment de la qualité des textes, en fait un ouvrage de référence et certainement une collection qui enrichira la bibliothèque de tous les fans de H. P. Lovecraft.
Chronique de Jean-Pierre ‘931’ Binet
Nous en pensons
Notre avis
4,2
Le volume est riche de dix-neuf nouvelles de longueurs différentes allant de quatre pages à une centaine, mais toujours dans les mêmes lieux de l’univers onirique créé par l’auteur. Malgré une prose moins horrifique qu'habituellement, les récits sont tout de même inquiétants car les protagonistes, à l'aide de drogues ou autres moyens de s’endormir, visitent ou recherchent des villes étranges et terriblement anciennes construites par des êtres hors du commun ou terrifiants. Les Contrées du rêve, m'a fait connaître un Lovecraft plus poétique et moins horrifique que celui que je connaissais.