« Le Ressac de l’espace » de Philippe Curval

Les Txalqs sont une espèce extraterrestre dont chaque individu est lié télépathiquement aux autres.

Leur société avancée n’a d’autre but que la recherche de la beauté et de l’harmonie, mais physiquement chétifs, ils doivent user de leurs capacités mentales pour exploiter les compétences motrices d’une autre race : les Zyrions. Malheureusement, ces derniers dépérissent et il est temps pour le Txalq Linxel de partir dans l’espace afin de trouver une autre planète à essaimer.

Pendant ce temps, l’Humanité, qui a survécu à une apocalypse nucléaire, est maintenant décadente. La majorité des humains vit confortablement et mollement dans les quelques cités survivantes et seule une poignée d’archépoles perpétue un certain volontarisme et persiste à habiter les villes anciennes.

La Volte réédite là une œuvre remarquable (prix Jules Verne en 1962) qui nous vient tout droit d’une période faste de la science fiction française (Stefan Wul a quasiment terminé son œuvre, Pierre Boulle va bientôt éditer La Planète des singes.). Le récit est construit en trois parties équilibrées : l’envol du Txalq et la rencontre avec les humains, son évasion et sa découverte de la Terre, puis la confrontation et sa résolution. Il sera inutile de lire la quatrième de couverture qui déflore inutilement d’autres détails.

Édité chez La Volte depuis plusieurs années, Philippe Curval est un bourlingueur qui a pratiqué la photographie et l’illustration (la couverture est d’ailleurs de sa main) et possède aujourd’hui une longue expérience du genre en tant qu’auteur, journaliste, préfacier ou anthologiste. Cependant, en 1962, année de sortie de ce roman, il était au tout début de sa carrière et ceux qui l’ont découvert avec ses derniers textes ont là l’occasion de le découvrir en tant qu’auteur naissant du milieu du XXe siècle.

Philippe Curval fait la part belle à la végétation (luxuriante) et aux décors (irisés). Le texte fleure bon les années 60 avec sa part de plaisirs et de sexualité et le ton peut rappeler celui de Bradbury dans ses Chroniques martiennes, avec une même poétique, une même sorte de rétrofuturisme (vu de notre époque).

Mais si les dites chroniques appartiennent à l’âge d’or de la science-fiction américaine et exaltent l’exploration et l’expansion, l’œuvre de Curval se situe à l’automne de la civilisation telle que nous la connaissons. La population est une masse indolente qui s’abandonne à un confort sans aspérité. L’exploration spatiale ne fait plus rêver, et la rencontre avec un vaisseau extraterrestre ne parvient à passionner le peuple que durant quelques jours.

Une situation qui n’est pas sans rappeler notre époque contemporaine, quand beaucoup se contentent de l’entre-soi et se comportent en foules pour réagir à une information, avant que celle-ci ne soit oubliée au profit d’une autre. Les héros du livre se battent pour que l’Humanité conserve son libre arbitre. Mais que pèse celui-ci pour des humains vivant ainsi ? Auraient-ils tort au fond de se soumettre à un parasite si celui-ci leur offre un bonheur ininterrompu? Que feriez vous?

Chronique de David‘1934’Soulayrol

Nous en pensons

Notre avis

4.0

Les Txalqs sont une espèce extraterrestre dont chaque individu est lié télépathiquement aux autres. Leur société avancée n'a d'autre but que la recherche de la beauté et de l'harmonie, mais physiquement chétifs, ils doivent user de leurs capacités mentales pour exploiter les compétences motrices d'une autre race : les Zyrions. Malheureusement, ces derniers dépérissent et il est temps pour le Txalq Linxel de partir dans l'espace afin de trouver une autre planète à essaimer. Pendant ce temps, l'Humanité, qui a survécu à une apocalypse nucléaire, est maintenant décadente.). Le texte fleure bon les années 60 et le ton peut rappeler celui de Bradbury dans ses Chroniques martiennes.

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L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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