
Colonies est un recueil de nouvelles déjà parues dans diverses revues ou collections, couvrant les années 1996 à 2019, et ayant la particularité de suivre le même thème, à savoir la colonisation de planètes ou de systèmes stellaires par l’être humain.
Les dix récits se positionnent des siècles après la colonisation originelle, ce qui permet à l’auteur d’envisager à peu près tous les possibles du devenir de colons dans un environnement différent de la terre.
L’ouvrage commence avec Le Lot n°97 qui nous propose l’achat par un collectionneur d’une pierre précieuse extraterrestre qui se révélera fascinante et très spéciale. La seconde nouvelle, Le Dernier Salinkar, évoque la destruction par l’homme des espèces autochtones et endémiques d’un monde étranger et le sursaut afin d’empêcher la mort du dernier spécimen d’une espèce décimée.
Avec Le Bris, par contre, c’est le refus par une planète de l’occupation par l’être humain et son élimination progressive. Plus ludique et faisant appel à notre imagination pour combler les intervalles, Je me souviens d’Opulence trace, à travers quelques extraits, l’histoire d’une vie.
Avec Le Jardin aux mélodies, on assiste à une nouvelle policière planétaire sur fond de fleurs et de musiques. Plus triste, Longue vie se définit plutôt comme un ennui profond des personnages, conduisant à la mort des derniers survivants dans une sorte de jeu sur un ensemble de satellites oubliés.
Présenté comme un défi initiatique, T’ien-Keou est une nouvelle poignante autant que cruelle, où pour gagner sa place dans la société, le protagoniste candidat peut perdre jusqu’à son identité physique et psychique. Terrifiant. Plus dans une veine de fin d’un monde, La Fin de l’hiver est d’une tristesse également sans beaucoup d’espoir, mais avec un élan de renouveau après la découverte par un petit groupe de survivants du passé réel de la planète abandonnée.
Et quand des multinationales se mêlent de changer les choses sans connaître le monde où ils interviennent, la vie de leurs représentants peut s’en trouver transformée. C’est le thème de Proche-Horizon où une compétition pour vendre un produit n’aboutit pas au résultat escompté. Et je termine avec la plus longue de ces nouvelles, L’Homme qui n’existait plus, un récit policier mystérieux. Qui a pris en otage Bela Hicks, le responsable de la station, alors que tout le monde a quitté la planète, et pourquoi? Un genre de huis clos passionnant dont la chute n’est pas celle attendue.
Toutes les nouvelles se déroulent dans un monde créé par l’auteur et que l’on retrouve dans ses autres ouvrages : un univers comportant des portes inventées par des extraterrestres et qui permettaient de se déplacer d’un système stellaire à un autre, et qui sont désormais fermées, et l’abandon des habitants cloués sur leur système ou planète. Ces éléments font partie de la toile de fond de ces récits. Ce recueil est une bonne introduction à l’univers de Laurent Genefort, à son style clair, à ses dialogues et à ses personnages perdus aux confins de l’univers, avec toutes les facettes en bien ou en mal de la nature humaine.
Chronique de Jean-Pierre ‘931’ Binet
Nous en pensons
Notre avis
4,5
Colonies est un recueil de nouvelles déjà parues dans diverses revues ou collections, couvrant les années 1996 à 2019. Toutes les nouvelles se déroulent dans un monde créé par l'auteur : un univers comportant des portes inventées par des extraterrestres et qui permettaient de se déplacer d'un système stellaire à un autre, et qui sont désormais fermées, et l'abandon des habitants cloués sur leur système ou planète.
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