« Nouvelles – Tome 3 » de Jack Vance

Voici le troisième pavé de l’intégrale des nouvelles de monsieur Jack Vance. Ce sont quatorze textes couvrant la période 1955 – 1961 (époque où il publie les romans La Vie éternelle (1956) et Les Langages de Pao (1958)), très différents mais toujours très attachants.

Jack Vance continue à se diversifier, mettant parfois de côté le space opera pour s’essayer à une certaine fantasy ainsi qu’à l’horreur ! Cela débute avec humour mais non sans pertinence avec Miss Univers (1955), un concours réellement inter-espèce pour le coup.

Le Don du Bagout (1955) décrit comment l’humain est prêt à détruire une planète pour son profit. Effroyablement précurseur. Le Diable de la colline du Salut (1955) démontre que c’est parfois au colon humain de s’adapter. Vance enfonce le clou avec une nouvelle lorgnant vers la fantasy, Les Faiseurs de miracles (1958), qui s’ingénie à renverser notre mode de pensée matérialiste. Excellent.

Le Laitier fantôme (1956) plonge dans l’épouvante avec talent. Robert Bloch et Stephen King y trouvent un sérieux et efficace concurrent. Point de Chute (1956) amène l’humour noir au thème de l’immortalité. Hilarant mais terriblement efficace.

Paraspyché (1958) débute comme un film de fantômes pour ado et se prolonge en une quasi-novella consacrée à l’élaboration d’un plan de recherche scientifique des phénomènes parapsychiques. Étonnant, parfois un peu répétitif comme pour prouver le sérieux de la démarche, et on se demande où Jack Vance veut en venir… mais il y parvient de manière surprenante, comme à son habitude.

Le tome se conclue avec Le Syndrome de l’homme augmenté (1961), une nouvelle tout aussi étonnante où la science et l’espionnage de type James Bond font un excellent ménage plein de suspense. Dans ce troisième volume, Jack Vance fait éclater son talent de conteur, ne se contentant plus uniquement d’aventures intergalactiques, mais abordant aussi, via des genres différents, des thèmes plus généraux, tels le racisme et le fascisme.

Qu’elles soient courtes ou longues, ces nouvelles font la preuve de la capacité de renouvellement de Jack Vance, touche-à-tout de l’imaginaire. Excellent et toujours indispensable.

Chronique de Vincent ‘1379’ Delrue

A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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