« Le Rapport Oberlander » de Laurent Mantese

À l’âge de trente-cinq ans, Marcus apprend par un ordre secret, le Directoire, qu’il est non seulement un orphelin réchappé d’une secte néo-nazie, mais est aussi un élu programmé génétiquement depuis l’Antiquité pour lutter contre des créatures venues des profondeurs.

Malheureusement, depuis que les SS se sont associés à ces êtres immondes durant la Seconde Guerre mondiale, le Directoire décline. Et lorsque l’invasion des Russes en Ukraine fait resurgir des groupuscules aux relents fascistes manipulés par d’anciens nazis dotés d’une longévité surnaturelle, Marcus devient le seul espoir pour sauver l’occident de l’invasion par ce mal rampant depuis les tréfonds de la Terre.

Le prologue prévient d’emblée le lecteur sur ce qu’il a entre les mains : un récit d’aventures fantastique qui ravira ceux qui ont la nostalgie des War comics (et comme moi, du mal absolu qu’incarnait Crâne Rouge).

Suit un roman qui rassemble un élu sceptique (héros à son insu) qui se découvre le seul rempart contre le mal, des nazis pactisant avec des créatures en échange de l’immortalité, une course-poursuite en Angleterre, en Finlande et en Ukraine qui mène à un vieux château que Dracula n’aurait pas renié… présenté comme cela, ça peut faire peur et s’apparenter à du «  Weird Wars  », mais considérer Le Rapport Oberlander comme un simple récit fantaisiste serait méconnaître le talent d’écriture de Laurent Mantese.

Le roman est très fort, et cette force tient au rythme du texte rédigé au présent, à son style très cinématographique, et au fait qu’il soit ultradocumenté sans jamais être lourd à la lecture. L’auteur excelle particulièrement dans la description du sordide et des comportements humains : pour exemple, la séquence de la progression du commando en pleine guerre du Donbass est remarquable.

Le fait que les personnages soient caricaturaux (au point qu’à la lecture, le docteur Kowalski, Oberlander, Otto Jäger ou Chiron semblent terriblement familiers) ne dessert absolument pas la lecture. Mention spéciale à Ogami : ce grand chien fidèle (Braque ou Billy dog ?) est sans conteste le personnage le plus attachant et original du roman. Les éditions Malpertuis continuent leur travail d’orfèvre et constituent petit à petit un très beau répertoire du fantastique français dans lequel Le Rapport Oberlander a toute sa place.

Chronique de Xavier ‘1762’ Fleury

A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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