« Nouvelles – Tome 1 » de Jack Vance

Il est de ces plaisirs évidents pour l’amatrice et l’amateur de SF, comme celui d’avoir en main le tome 1 de l’intégrale des nouvelles de Jack Vance.

L’anticipation de partager des aventures incroyables dans des univers époustouflants ne peut que ravir. Les 17 nouvelles qui composent ce premier opus, couvrant la période été 1945 à décembre 1951, non seulement ne déçoivent en rien, mais confirment les qualités extraordinaires de l’écrivain d’exception qu’était Jack Vance.

Chacune de ses histoires, dès la première du recueil, Le Penseur de mondes (1945), est construite avec la même imagination soutenue, même si leur trame en est souvent semblable. Vance s’amuse à mettre un personnage dans une situation périlleuse, où sa vie et parfois celle de ses amis ou de sa famille sont en danger.

Face à des adversaires parfois terribles, parfois hors de toute compréhension humaine, tel ce penseur de mondes, les héros et héroïnes de Jack Vance parviennent toujours à faire preuve d’une intelligence de cœur, qui leur permet d’appréhender les peuples aux coutumes toujours détaillées, de se repérer dans les paysages spatiaux où ils et elles se perdent.

Vance ne tarit jamais une verve pleine de détails, égrenant des listes, toujours porteuses de magie, de lieux, d’événements, de personnages, ouvrant sans cesse l’imagination des lecteurs et lectrices. Il concocte des noms, des mots qui semblent simples, mais qu’on imagine fruits d’un travail évident. Ses héros et héroïnes sortent toujours grandis des aventures et périples auxquels il les confronte.

Tel un enquêteur, il les place dans des situations où tout semble perdu et, par une subtile pirouette, leur permet de s’en sortir, parfois seul, mais souvent en améliorant la vie de peuplades entières. Petite exception, Une fille en or (1951) est, disons-le, pessimiste !

L’auteur nous cueille là où on ne l’attend pas. Jack Vance nous propose généralement des narrations fluides, mais il n’hésite pas à les éclater si besoin, comme dans Maître de la Galaxie (1951), dont les premiers paragraphes concernent apparemment des personnages différents. Plusieurs pages se suivent avant qu’une ébauche de compréhension remette tout en ordre.

Que ses nouvelles tiennent en 4 pages ou soient de véritables novellas de 122 pages, Jack Vance parvient toujours à construire des univers dans lesquelles on pénètre avec assurance, ayant la certitude que notre guide d’exception nous emmènera d’un pas sûr vers les étoiles.

Les explications scientifiques donnent juste ce qu’il faut de base de sérieux, et loin de la hard SF, restent toujours accessibles ou survolables. Nouvelles de Jack Vance est véritablement indispensable à toute bibliothèque consacrée aux littératures de l’Imaginaire !

Chronique de Vincent ‘1379’ Delrue

A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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