« L’Anomalie » de Michael Rutger

Un Youtuber spécialiste des mystères archéologiques se voit financer une expédition dans les gorges du Grand Canyon, une aubaine alors que son nombre d’abonnés diminue.

Bien décidé à réaliser un reportage sensationnel, quitte à enjoliver la réalité, il réunit sa fine équipe constituée d’un réalisateur hydraté à la vodka, d’une responsable logistique dévouée, d’un caméraman athlétique et d’une journaliste sceptique.

Les voilà partis sur les traces d’un scientifique oublié du début du XXe siècle ayant laissé le maigre témoignage de l’existence d’une caverne aux fabuleuses reliques. Dans un premier temps, leur équipée consiste à randonner dans le sable et la rocaille et à faire du canoë sur le Colorado, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent piégés dans une grotte aux dangereux secrets…

Le mystère des origines et des civilisations supérieures nourrit la littérature de l’Imaginaire depuis longtemps, et on pourrait croire ce thème désuet et sans surprise, mais l’auteur de L’Anomalie a su contourner les poncifs du genre.

Ici, vous ne croiserez pas de tribu indienne protectrice de secrets immémoriaux ni de créature poulpeuse surgie des entrailles de la Terre, et encore moins d’effondrement final des vestiges d’une civilisation, inévitable dans beaucoup d’histoires de ce type. Le dessein majeur de la grotte dans laquelle les personnages sont emmurés est une belle trouvaille, même si dans ce type d’aventure, le traitement des personnages importe plus que le fond.

De ce côté-là, l’auteur manie avec aisance les dialogues et les caractères humains. Il sait également distiller progressivement ses cartouches narratives. Normal, Michael Rutger n’en est pas à son premier ouvrage et a publié plusieurs romans et nouvelles sous d’autres noms de plume. Il semblerait qu’il préfère employer des noms différents selon l’univers dans lequel il écrit (horreur et SF, thriller contemporain).

Ici, la qualification de thriller par l’éditeur me semble inadaptée, L’Anomalie est plutôt un roman d’aventures, sans prétention scientifique et adapté à tout public. Au final, le rythme de ce récit et la fraîcheur des personnages en font un roman impossible à lâcher une fois entamé, et laisse, une fois terminé, l’envie de découvrir une suite. Publié en anglais en 2018, je ne crois pas que l’auteur en envisage une, et c’est bien dommage.

Chronique de Xavier ‘1762’ Fleury

A propos de Christian

L'homme dans la cale, le grand coordinateur, l'homme de l'ombre, le chef d'orchestre, l'inébranlable, l'infatigable, le pilier. Tant d'adjectifs qui se bousculent pour esquisser le portrait de celui dont on retrouve la patte partout au Club. Accessoirement, le maître incontesté du barbecue d'agneau :)

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